Une soirée dont le souvenir restera à jamais immarcescible
Mon filleul Susheil m’a bien fait honneur hier en sortant de son chapeau magique un mot vraiment rare : immarcescible. Et assez barbare il faut bien le dire, à moins qu’il ne fût employé et couché sur le papier.
Littér. Qui ne peut se flétrir; impérissable. Les lois immarcescibles de l’optique géométrique (Queneau, Loin Rueil,1944, p. 95). Un souvenir (…) immarcescible (…) un de ces souvenirs si solides, si présents qu’on a pour ainsi dire jamais besoin d’y penser (Arnoux, Visite Mathus., 1961, p. 154)
Ainsi, je t’ai créé de la suprême essence,
Fantôme immarcessible au front d’astres nimbé,
Pour me purifier de la concupiscence,
Pour consoler mon cœur dans l’opprobre tombé.
Moréas, Syrtes, 1884, p. 68.
Prononc. et Orth. : [im(m)aʀsεs(s)ibl̥]. Pt Rob. [-se-]. Att. ds Ac. dep. 1762; immarcessible (1762-1835), puis -cesci-.Étymol. et Hist. 1482 Divinité inmarcessible (Guillaume Flamang, Myst. de S. Did., p. 53 ds Gdf. Compl.). Empr. au lat. chrét. immarcescibilis « qui ne se flétrit point ».